Quand je veux, si je veux

Quand je veux si je veux, réalisé par Susana Arbizu, Henri Belin, Nicolas Drouet et Mickaël Foucault, est un documentaire sur l’avortement. Une dizaine de femmes de tout âge raconte leur expérience dans des témoignages entrecoupés d’images et de sons d’archive rappelant la lutte pour le droit à l’avortement et à la contraception dans les années 1970.

Les expériences de ces femmes sont très diverses : il y a celle qui a avorté à 16 ans ; celle qui a avorté une première fois à 23 ans quand elle était étudiante, puis à 25 ans et enfin à la trentaine alors qu’elle avait deux enfants et qu’à chaque fois elle prenait la pilule ; celle qui venait de se séparer de son copain ; celle qui ne veut tout simplement pas d’enfant… C’est ce qui rend ce docu intéressant.

Un des sujets abordés est la prise en charge par les médecins et le personnel médical en général. Là où pour certaines, elle a été parfaite, avec des personnes attentives, une information claire de tout le processus, pour d’autres la prise en charge a été quasi-absente, ce qui peut poser problème quand la femme qui veut avorter est bientôt à la limite de temps. Et d’ailleurs, un élément qui revient pur deux ou trois d’entre elles, c’est qu’elles savaient déjà où trouver les infos, vers qui se tourner, et même dans ce cas-là, ça se révèle parfois être un parcours du combattant…

Le récit de l’avortement en lui-même est important également, puisque, comme le dit l’une des femmes, on ne nous dit pas du tout à quoi ressemble l’acte. Et quand on le sait, ça semble complètement absurde de penser que des femmes utiliseraient l’avortement comme un moyen de contraception.

Finalement, les témoignages de ces femmes se rejoignent sur un point : l’avortement fait partie de leur vie, et de leur vie de femme, au même titre qu’une grossesse ou une fausse-couche. Ce n’est pas pour autant qu’elles prennent cela à la légère, mais il n’y a pas lieu d’en faire tout un drame.

On aurait quand même aimé en savoir plus sur la façon dont ces femmes ont parlé (ou pas) à leurs proches de leur avortement, et c’est sans doute ce qui manque dans ce film qui veut justement casser le silence autour de cette expérience.

C’est donc un documentaire qui permet aux femmes de prendre la parole sur un acte qui reste encore tabou, surtout quand il n’a pas été mal vécu. Ces femmes sont touchantes et, à l’heure où la droit à l’avortement est attaqué de toute part, il est plus que nécessaire d’entendre cette parole portée par les femmes qui ont avorté et qui vont bien, merci.

mustelena